Sur la ligne du temps cabossé

Avec souplesse et délectation
Je me glisse entre les mots
Je devrais plutôt dire m’immisce

Il me faut trouver une brèche
Pousser du coude les mondes hostiles
Me jeter à l’eau indocile
Déchirer les pelures de terre

C’est dans l’inconnu que je m’engouffre
Comme on descend dans un puits
Comme on se brûle corps et âme
À la flamme puissante qui nous pousse

Je fuis, je cherche
Et je m’égare

 

 

 

Sur l’ourlet de mer
la bouteille vide un mot
brèche vers la terre

Dans les entrelacs
bruits confus de silences
attentes et craintes

 

 

Sur ma corne d’abondance
J’enlace les feuillages pourpres
Je poinçonne mon habitacle lacustre
Je me ressource à chaque étape

Mes ancêtres m’attendent patiemment au bord des lacs
Ils savent mes pérégrinations aléatoires
Ils dansent telles des tiges de roseaux
Lorsque je m’approche en silence
Alors je peux coudre à petits points
Sans contrainte