L'Étinceleur, Tome 1 : La Ligue des ombres

Val sortit une gourde de son sac et versa ce qu’il lui restait d’eau pour se laver les mains du sang qui commençait à sécher. Il sortit ensuite un morceau de viande fumée qu’il déposa près du louveteau.
La frêle créature resta figée, les yeux entr’ouverts, toujours réfugié auprès de sa mère. Val s’allongea à son tour. Sans hésiter, il attira le louveteau contre lui et lui fit une place au creux de ses bras.
À son simple contact, il partagea sa peine, sa tristesse, sa détresse. Une larme perla sur sa joue. Val le rassura par quelques mots. Le louveteau semblait comprendre, il s’apaisa. Puis Val cessa de parler et les pensées remplacèrent les mots. Le fragile animal comprit encore, il se décontracta un peu plus. Les minutes s’écoulèrent et le sommeil gagna progressivement la petite boule de poils lovée au creux de ses bras.
Val veilla sur son protégé. Son pelage gris-bleu scintillait légèrement à la lumière de la lune. Il le caressa en veillant à ne pas le réveiller. La fourrure du louveteau était très douce. Encore chétif, sa tête tenait tout juste au creux de sa main.
La nuit était froide. Val frissonna. Il s’enveloppa dans sa cape de voyage en veillant à bien recouvrir son compagnon. L’air tiédit et Val se réchauffa instantanément. Il n’avait pas remarqué, jusque-là, que du corps du louveteau émanait une incroyable chaleur, une chaleur bienvenue alors que la nuit tombait.
Alors qu’il commençait à s’assoupir, Val ressentit une pression à la frontière de son esprit. Le louveteau entr’ouvrit ses paupières et fixa le garçon. Après une légère hésitation, le garçon baissa sa garde et autorisa cette présence étrangère. Un frisson le parcourut des pieds à la tête. Il partagea des pensées qui n’étaient pas les siennes, des pensées d’une incroyable intelligence ! Le louveteau… ce n’était pas un mâle, mais une femelle. Une voix s’éleva dans son esprit :
« Je suis Indra. »
Serrés l’un contre l’autre, ils s’endormirent et leurs esprits s’entremêlèrent. Partageant tout, ils ne firent bientôt plus qu’un.